Avec le temps qui passe, mon corps me rappelle de plus en plus régulièrement que je dois l’écouter. Mais ce n’est pas toujours facile…

L’an dernier, à pareil date, j’étais au meilleur de ma forme, comme cela faisait longtemps que je ne l’avais pas été. Je m’entrainais assidûment depuis plusieurs mois et j’en étais au point où ce n’était plus une corvée ou un moment à essayer de caser dans mon horaire, mais bien un élément qui avait sa place de choix dans mes journées, un besoin.

Malheureusement, j’ai subi une blessure au genou en m’amusant anodinement à un jeu de ballon avec mes élèves. En fait, c’est une vieille blessure, une luxation de la rotule qui, m’ayant laissé des séquelles, a décidé de se pointer à nouveau au moment où je n’y m’y attendais pas. Pendant près de trois mois, j’ai donc dû laisser de côté course, tabata, X-FITT et Strong pour faire des exercices de physio : équilibre, flexion, écraser une serviette au sol... Quelle frustration de ne plus pouvoir me dépenser, suer, sentir mon coeur s’emballer pour ensuite revenir au calme, ressentir ce sentiment de bien-être physique post-entrainement et cette satisfaction mentale de m’être dépassée.

Après un peu d’amélioration, j’ai essayé le yoga, le pilates et j’ai nagé sans utiliser mes jambes. Cela m’a fait du bien, mais j’avais hâte de recommencer à faire de l’exercice intense. Trop hâte. Lorsque j’ai pensé que j’étais prête, j’ai devancé les recommandations de ma physio et j’ai repris l'entraînement en restreignant certains mouvements. Cela s’est bien passé pendant les séances, car j’étais concentrée sur mes mouvements, mais c’est encore à un moment où je ne m’y attendais pas que j’ai payé pour ma hâte : ma rotule a de nouveau bougé en entrant tout simplement dans ma voiture en juin.

J’ai eu tout l’été pour réfléchir à cette situation d’autant plus frustrante que la randonnée en montagne est mon activité favorite et que je n’ai pu la pratiquer pendant mes vacances. J’en suis arrivée à un constat : je ne pouvais assurément pas continuer à faire du sport de la même façon.

J’ai donc mis une croix sur tous les sports demandant des déplacements latéraux soudain (stop and go) comme le volley-ball et la badminton. J’ai aussi dû me résigner à adapter mes exercices : impossible pour moi, par exemple, de faire des fentes rapides. Je les fais donc doucement, en contrôle. Parfois, je dois choisir l’option la plus facile, celle sans saut. Parfois, lorsque mes genoux sont sensibles ou fatigués (oui, MES genoux...l’autre a trop compensé et est devenu fragile aussi), j’annule mon entrainement. Je cours seulement à l’occasion maintenant, mais je marche une vingtaine de kilomètres par semaine. Je monte encore les montagnes à un bon rythme, mais je ne cours plus en les descendant et je porte une orthèse.

Ce n’est pas aussi intense que ce que je faisais avant et cela me frustre parfois; mais je ne veux pas me blesser à nouveau et être privé du plaisir de faire du sport.

Je reste malgré tout une sportive, une sportive qui écoute son corps et accepte ses limites.

Annik Gilbert, Enseignante et maman

Ambassadrice MonGymEnLigne