Au cours des dernières années, les règles sur l’étiquetage alimentaire au Canada ont été resserrées à plusieurs reprises pour le plus grand bien des consommateurs et de leur santé : lorsque nous avons accès à l’information, nous pouvons faire des choix éclairés en fonction de nos besoins et de ce qui est important pour nous. Ne devrait-il pas en être de même lorsque nous choisissons les produits cosmétiques utilisés au quotidien ?

La peau, une barrière protectrice non-étanche

La peau est le plus grand organe du corps humain et représente jusqu’à 16% du poids corporel. Si son rôle est de protéger des agressions externes, elle n’est toutefois pas étanche et laisse passer des éléments dans notre organisme. Pensons, par exemple, à des applications topiques comme le Voltaren : ses propriétés anti-inflammatoires pénètrent dans le corps via la peau. Il ne faut donc pas consommer de médicament anti-inflammatoire par voie orale en même temps. Imaginons maintenant la quantité de substances auxquelles notre organisme est soumis lors des gestes d’hygiène quotidiens : le shampooing, le revitalisant et le savon qui coulent sur le visage et le corps pendant la douche, les hydratants utilisés, le fond de teint et les poudres de maquillage, les rouges à lèvres et les gloss, les protections solaires, etc. Tous ces produits sont susceptibles de laisser des traces dans notre organisme ou celui de nos enfants, encore plus vulnérables que nous aux substances toxiques ; ne devrions-nous pas nous questionner sur ce qui les compose ?

Des résultats de recherches

Certaines recherches établissent des liens entre des substances utilisées dans la composition de produits cosmétiques et l’infertilité (par exemple, l’oxybenzone dans les protections solaires). On entend même parler d’éléments cancérigènes, comme c’est le cas pour le palmitate de rétinyle, un dérivé de la vitamine A souvent utilisé dans les produits anti-âge. Si de tels liens sont faits, pourquoi les produits continuent-ils à se retrouver sur les tablettes ? Les “signaux d’alerte” observés par des chercheurs ne sont pas jugés suffisants pour légiférer dans l’industrie nord-américaine. Plusieurs études scientifiques doivent corroborer les doutes soulevés, ce qui rend le processus très long : le Pigment Red 4 a été ajouté sur la liste critique des ingrédients par Santé Canada en juin 2018 alors que l’étude de référence date de 1999 !

Opter pour le principe de précaution

En Europe, on tend à appliquer le principe de précaution, soit interdire toute substance qui soulève un doute quant à ses effets néfastes la santé. Personnellement, j’adhère à ce principe : je préfère prendre en considération ces “signaux” dès maintenant pour ne pas le regretter plus tard.

Chaque choix de consommateur est une façon de dire à l’industrie ce que nous estimons important. Pour ma part, j’opte pour des produits plus sûrs : le bannissement des ingrédients nocifs ou à risque, la qualité des ingrédients, la transparence de l’entreprise, le développement des produits basé sur les données probantes en recherche et l’approvisionnement responsable.


Annik Gilbert
Maman, enseignante et ambassadrice pour MonGymEnLigne
Ambassadrice Beauty Counter




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