Ce moment où tu dois écrire tes activités et passe-temps et où tu te demandes si tu peux légitimement écrire “sport”. Cet autre moment où quelqu’un qui te voit revenir de courir te dit “ Salut la sportive !” et où tu te sens un peu mal à l’aise, car tu ne sais pas si les quelques entraînements que tu as faits dernièrement méritent ce titre. Quand vient le temps de me définir par rapport au sport, je suis parfois aux prises avec le syndrome de l’imposteur : est-ce que j'en fais assez souvent ? Assez longtemps ? Suis-je assez bonne ? Mon IMC est-il au courant que je fais du sport ??? Même là, en ce moment, je me dis : “ Voyons, Annik. Que vaut ton billet dans un blogue rempli de vrais sportifs et de spécialistes de la santé !” Tous les jours, dans mon travail d’enseignante, je dois dire à mes élèves d’arrêter de se comparer aux autres et de plutôt se donner des objectifs personnels, de se comparer à eux-mêmes. Force est de constater que c’est plus facile à dire qu’à faire… Mais je sais qu’il est plus facile d’apprécier nos réussites personnelles quand, justement, on se concentre sur nos progrès personnels et nos performances à nous. Je me suis donc donné le défi d’écrire sur ce blogue pour partager mon humble avis et mon expérience de la vie à propos du sport.

Voici donc mon conseil du jour : arrête de te comparer aux autres ! Laisse-moi t’illustrer les bienfaits de ce mantra avec une tranche de vie.

Il y a quelques années, j’ai commencé la course à pied en utilisant l’application “From couch potato to 5K”. Crois-moi, j’étais pas mal une patate au four dans ce temps-là. Courir me semblait un défi insurmontable, car je n’ai jamais trouvé ça plaisant ou facile, et ce, même quand j’étais enfant. J’étais donc très fière lorsque j’ai réussi mon premier 5 km. Maintenant, je sais que je peux le faire. Mais je ne cours pas très vite. Et je ne cours pas plus long. Que veux-tu, je n’aime pas assez ça et mon corps me donne les signes que lui non plus. Je te dis ça tout bonnement, mais j’ai eu de la difficulté à accepter ce constat. J’aurais voulu améliorer mon temps et faire un 10km comme plusieurs de mes amies. Comme tous ceux qui, lorsqu’ils courent sur le bord de la rivière, ont l’air de flotter, de sentir bon la lessive fraîche et d’être heureux alors que moi, je suis rouge, suante, plutôt à bout et que j’ai l’impression de trainer des boulets derrière moi.

Je n’avais donc pas l’impression d’être une “vraie” coureuse, car mes objectifs étaient plus limités que ceux d’autres personnes. Un jour, j’ai lu un article sur la course à pied qui parlait de ce désir de performance ; la dernière phrase était : “Si tu cours, tu es une coureuse”. Ça a fait un déclic chez moi. J’ai cessé de me comparer aux autres coureurs en termes de distance, de temps, de nombre d'entraînements par semaine. Pour moi, la course est devenue une façon de m’entraîner parmi tant d’autres, une activité que je pratique lorsque j’en ai envie et non par obligation. À partir du moment où tu t’enlèves cette pression induite par la comparaison et le syndrome de l’imposteur, je te le dis, tes boulets pèsent pas mal moins lourd. Je peux te dire que je suis aussi fière de moi lorsque je sors 15 minutes pour courir des intervalles que lorsque je fais 2, 3 ou 5 km en continu -ou pas, parce que maintenant, je me donne le droit d’arrêter et de marcher pour mieux continuer.

Il y a toujours quelqu'un de plus sportif que soi. Il y a toujours quelqu'un qui s’entraîne plus que toi, plus longtemps, plus souvent, plus intensément...mais ça ne fait pas moins de toi une sportive.

Une sportif, une sportive, c’est quoi ? C’est quelqu’un qui reconnaît la valeur de l’activité physique pour avoir une bonne qualité de vie. C’est quelqu’un qui tente de son mieux d’intégrer l’activité physique à sa routine de vie. Parfois, ça se fait bien. Parfois, c’est compliqué. Mais la volonté est là et, même si tu as des passages moins actifs, tu reviens toujours à l’entraînement parce que tu en connais la valeur. Moi, une sportive ? Vraiment !